WELCOME TO THE KOOPLES
September 8, 2008
Du Comptoir des Cotonniers version glam’ rock, c’est ce que nous proposent les frères Elisha, deux anciens de la famille CDC. Vous étiez déjà au courant du buzz créé par la marque depuis le début de l’été - un buzz qui malheureusement a un peu raté sa phase de reveal, tout le monde sachant déjà qu’il s’agissait d’une nouvelle griffe “de prêt-à-porter Homme Femme, Chic et Décalée, Haut de Gamme Accessible”, cf recherche google - , et vous avez déjà vu partout ses couples top fashion placardés dans la presse mode.

Maintenant, vous pouvez aller en boutique découvrir la collection. Je ne m’en suis pas privée, et ce week-end a été l’occasion de faire un saut rue de Rennes pour voir tout ça. Sur place, petite déception, car ils n’ont reçu que 20% de la collection, et pas la partie la plus rock : exit donc le slim en cuir et le boyfriend blazer gris dont je m’étais amourachée sur les visuels de pub ! Patience…
À part cela, j’ai retenu : les détails rock sur matières nobles - les boutons militaires version tête de mort sont dispatchés un peu partout sur les vestes, les robes, les pantalons et les T-shirts -, la confection impeccable - toutes les grosses pièces ainsi que les pièces de “tailleur”, blazers et pantalons, sont confectionnées à Savile Row -, les prix élevés mais pas excessifs. J’ai quand même trouvé le tout un peu classique (et sombre), la lignée avec Comptoir est incontestable.


© Julie Perello
Vous pouvez voir plus de photos ici.
Je trouve leur communication beaucoup moins tristounette (je changerai certainement d’avis quand je verrai leur satané slim en cuir !). Rock jusqu’au bout des ongles, le positionnement, qui n’a pourtant rien de nouveau, a le mérite d’être parfaitement mis en œuvre : ne serait-ce que le nom de la griffe, The Kooples, qui sonne comme le nom d’un groupe made in London.
Plus fort encore, ils ont réussi à transposer la notion de couple - un peu pépère, un peu refuge, mais incontestablement une des tendances lourdes de l’époque actuelle, dont les valeurs cocon plébiscitent tout ce qui est sécurité et stabilité - sur un terrain non pas plus accidenté, mais disons plus mouvementé. Des jeunes, des plus vieux - spéciale ovation à Nick & Laurence, le couple rock par excellence, ensemble depuis des années -, des hétéros, des homos, bref, le spectre est large. Rock’n roll façon Sailor et Lula, mais à la sauce fleur bleue (vous pouvez même lire ici l’histoire de leur premier baiser ou leur meilleur souvenir), ces couples sont plus arty qu’autodestructeurs, plus hype que wild. Décalés, ok, mais qui veulent durer, à l’image de la collection, qui promeut le “chic de rue”, du Savile Row un peu trash, du rock teinté de classicissisme. Du rock passe-partout, diraient les mauvaises langues, et c’est un peu vrai, mais tant mieux, car moi-même j’arrive à un âge où porter du April 77 devient ridicule.
Et puis, c’est un peu le bazar sur leur site, mais un édito signé Patrick Eudeline, une collection commentée par Olivier Nicklaus des Inrockuptibles, ou encore un agenda des concerts par Olivier Tesquet de Technikart, c’est pas donné à tout le monde !
Plus d’infos sur thekooples.com
THE HOUSE OF VIKTOR & ROLF
September 4, 2008
Londres - le 3/08
Une maison de poupées, et tout un univers aussi. Vous savez déjà combien j’adore le travail de Viktor & Rolf, qui relève à la fois de la mode et d’une réelle démarche artistique. Leur constante exploration des contraires - noir/blanc, féminin/masculin, rigueur/fantaisie, upside down, énormes volumes sur silhouettes étriquées… - me fascine, et leurs défilés/happening me réjouissent.
L’exposition de la Barbican Art Gallery m’a permis de revenir sur des collections que je connaissais moins, et surtout, de mieux connaître le projet conceptuel qui soustend chaque collection.
Le travail d’orfèvre réalisé sur les poupées m’a aussi impressionné. En fait, chaque collection est présentée grandeur nature, sur des mannequins à taille humaine - avec en fond, la vidéo du défilé correspondant -, et en version mini au sein d’une vaste maison de poupées centrale.
Je n’avais pas, bien sûr, l’autorisation de prendre des photos, ce qui ne m’a pas empêché, avec ma copine Lovny, de jouer les mauvaises élèves. Ce que souvent, les musées ne comprennent pas, c’est qu’en tant que blogueuse je n’ai aucun intérêt à vous montrer les photos qu’on voit partout en presse mais bon…
J’ai donc pris en photo, dès que j’ai pu, les collections qui m’intéressaient le plus, et en voici un échantillon :
Collection Atomic Bomb, A/H 1998-99


C’est une collection qui s’interroge sur le scénario du IIIè millénaire : la fin du monde ou la fête. Du coup, Viktor & Rolf ont créé des silhouettes prenant la forme de champignons atomiques, mais en y rajoutant des ballons, des pompons, des serpentins et des guirlandes.
Black Light, P/E 1999

Une certaine idée du succès et de l’optimisme selon Viktor & Rolf : du noir vers la lumière. Cette collection, entièrement en noir et blanc, a d’abord défilé sous une lumière noir, puis sous une lumière blanche - les créateurs ont vaincu leurs démons.
Long Live the Immaterial (Bluescreen), A/H 2002-03

Cette collection traduit le désir de Viktor & Rolf d’”aller au-delà du produit, de dessiner quelque chose d’immatériel”. Les créateurs ont donc adopté la technologie “bluescreen”, largement utilisée dans l’industrie du cinéma pour créer les effets spéciaux - sur le bleu, on peut incruster les images que l’on veut.
Le défilé, filmé et projeté simultanément sur des écrans géants de part et d’autre du podium, fut une performance artistique à lui tout seul. Sur le podium central, les silhouettes défilaient, accessoirisées d’éléments bleus - chaussures, ceintures, écharpes, sacs, cols… parfois toute la tenue était bleue -. Sur les écrans, les créateurs ont juxtaposé à ces zones bleus des vidéos de paysages, de ciels, de fleurs, de villes, d’autoroutes, de feux d’artifice… Spectaculaire, et tout simplement génial.
Flower Bomb, P/E 2005

Certainement la collection la plus marketing de leur carrière - ici en version miniature -, qui a marqué le lancement de leur parfum Flower Bomb. Loin d’être ma préférée, mais j’ai toujours adoré ses silhouettes dark coiffées de casques.
Bedtime Story, A/H 2005-06

Toujours version miniature - des manteaux en couette, des cols en oreiller, des robes en drap…une collection fantaisiste, mais plus intimiste.
Silver, A/H 2006-07
Celle-ci, je n’ai pas pu la prendre en photo alors voici les visuels Vogue des robes présentées :


Ces robes sont partiellement ou entièrement plaquées en argent. Ce qui m’intéresse dans cette collection, c’est la démarche contre la culture de l’éphémère, le renouvellement incessant qui contraint la mode à une perpétuelle fuite en avant. L’argent liquide venant imprégner le tissu fige le vêtement, et le rend plus que jamais précieux et durable, solide et unique, non interchangeable. Cela me fait penser à la démarche de Proenza Schouler, qui utilise des matières incroyables et précieuses. “Actuellement, les grandes marques sont copiées dès l’extinction des lumières de leurs défilés”, expliquent ces derniers ,“Pour y remédier, elles tirent la mode vers le haut; en utilisant des matières incroyables qui ne peuvent pas être imitées, contrairement aux formes et aux couleurs”. Sauf que dans le cas de Viktor & Rolf, même les formes, souvent spectaculaires, ne peuvent être imitées.
The Fashion Show, A/H 2007-08

Ce défilé a choqué nombre de rédactrices de mode, qui ont accusé le duo de créateurs de cruauté, certes involontaire, au vu de la torture manifestement endurée par les mannequins harnachées de lourdes suspensions. Pourtant, le projet de départ était plutôt inspiré : il s’agissait de faire de chaque tenue un défilé autonome, un “microcosme” de Viktor & Rolf, avec son propre système de lumière et de son suspendu à des barres metalliques. Malheureusement, lors du show l’ambiance de chute imminente a totalement eclipsé le concept. Il est vrai que moi aussi, je prèfère voir ces installations sur des poupées !
Harlequin, P/E 2008 et No, A/H 2008-09

Une collection inspirée des personnages de la Commedia dell’Arte, et une autre en forme de manifeste - vous pouvez lire ce que j’en pense ici -. Un condensé, finalement, de ce qu’est le travail de Viktor & Rolf : de la fantaisie, mais au service de concepts forts.
Barbican Centre Silk Street London EC2Y 8DS
Jusqu’au 21 septembre 2008
EN RETARD POUR LA RENTRÉE DES CLASSES
September 4, 2008
Oups, j’ai raté la rentrée ! Mais après un mois de vacances, je suis enfin de retour avec plein de choses à raconter :
À Londres, j’ai vu l’expo “The House of Viktor & Rolf” à la Barbican Gallery, et j’ai comme d’habitude écumé les boutiques vintage. De retour à Paris, je suis allée faire un tour à l’inauguration de la péniche Nike Sportswear, qui, à l’occasion des Jeux Olympiques, a fait appel à des artistes et des créateurs chouettes pour redesigner certain modèles, ou comme on dit, “créer du contenu”.
Je n’ai pas pu assister à la fashion week de Copenhague qui s’est tenue du 6 au 10 août mais j’ai quand même les visuels des collections gentiment envoyés par l’organisation. Mes préférées ? Celles de Bruuns Bazaar, Stine Goya, Noir, Marimekko… des créateurs dont je vous ai déjà parlé, et plein d’autres !
Sur la Norvège, rien à dire question mode, sauf que les norvégiens portent aussi du Acne à Stavanger… :).
Et pour une fois, mes vacances dans le Sud n’ont pas été - seulement - synonymes de farniente au soleil : j’ai passé une journée aux Rencontres d’Arles, ce qui m’a permis (un peu) de rattraper les expos que j’ai manquées cette année, surtout Tim Walker, dont j’avais vraiment hâte de voir le travail.
Bref, ça commence dès aujourd’hui avec les photos volées de l’expo Viktor & Rolf, et ça continue demain avec le reste !
Puis la course reprendra, avec plein d’événements ce mois-ci : les salons, les fashion weeks… Je vous en dirai plus prochainement !
COUTURE - LA SLOW FASHION DE JANTAMINIAU
July 21, 2008
Le 3 juillet dernier j’ai eu l’honneur d’être invitée par le bureau de presse Station Service - qui s’occupe entre autres d’Andrea Crews et de Baptiste Viry - à la présentation de la collection haute couture JANTAMINIAU, alias Jan Taminiau, créateur néerlandais que je ne connaissais absolument pas. Car Jan Taminiau est plutôt ce qu’on appelle un créateur confidentiel, ce qui n’est pas forcément synonyme de talent, je vous le concède, mais bon là OUI.

En plus d’être confidentiel, Jan Taminiau est un créateur conceptuel. À tel point que je n’ai pas tout saisi du parti pris de sa collection, “Passe-partout”, mais comme je ne suis pas non plus tout à fait bête, j’ai quand même des choses à vous en dire.
Ce qui m’a frappée tout de suite, ce sont les étoffes et les matériaux. Car plus que tout le reste, c’est bien le travail des matières, riches, lourdes et opulentes, ou au contraire diaphanes et aériennes, et la façon de les assembler en jouant sur le contraste tissus bruts / tissus nobles, qui structurent toutes les silhouettes de Jantaminiau. Le créateur, ça se voit, est fasciné par les matériaux chargés d’histoire. Je fus très surprise quand on m’a dit que les tapisseries présentes sur certains vêtements étaient d’époque. En fait, Jan Taminiau chine : il chine des étoffes précieuses, des toiles d’anciens sac postaux, des robes de bure, des perles de collection en argent, etc., et il assemble tout cela avec des matières plus actuelles.









Voilà, j’aime cette façon de concevoir le vêtement ; à l’antipode des enseignes high street et de leur fast fashion, et de tout ce qui est consommation éphémère - vêtements et sacs à louer, pop-up stores, etc. -, c’est le retour de la slow fashion, d’une mode qui ignore les modes pour mieux se concentrer sur l’essentiel, le savoir-faire, le patrimoine culturel et humain, l’histoire, la matière… une mode qui refuse l’interchangeabilité, qui est vouée à durer et perdurer et non disparaître. Dans le même registre, il y a Ma Ke, cette créatrice chinoise qui a commencé à faire parler d’elle en enterrant ses vêtements et en les déterrant quelques mois plus tard… Sa marque, Wuyong, signifie Useless. Pourquoi ? “Que puis-je faire pour ce qui a disparu ou qui est en voie de disparition ? Je veux rechercher l’essentiel de l’esprit humain au travers de ma création inutile. Ce qui demeure immuable dans le cœur des gens, en dépit des changements économiques et techniques…”, explique-t-elle. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire son interview sur le blog fa-fa-fa-fa Fashion.
Et si vous voulez jeter un œil aux autres collections Jantaminiau, c’est par ici.
© Julie Perello
L’HOMME PRINTEMPS/ÉTÉ 2009 - FIN
July 7, 2008
Allez, un dernier petit trend report sur les défilés homme P/E 2009 et après je passe à autre chose !
BEDTIME
La décontraction suprême, c’est de porter un costume ou un pantalon de pyjamas, ou une robe de chambre en guise de pardessus…


Bottega Veneta


Dries Van Noten


Dolce & Gabbana et Gaspard Yurkievich
JUPES ET MINI ROBES
La garde robe homme P/E 2009 transcende les genres…


Comme des Garçons


Gaspard Yurkievich et Raf Simons
OLD MEN ARE BEAUTIFUL
Anne Demeulemeester est toujours là où on ne l’attend pas. Cette année, elle a décidé de faire défiler des beaux vieux - et non pas des vieux beaux -, un beau pied de nez au jeunisme ambiant. À quand les femmes ?


© Vogue
VOYAGES
July 6, 2008
J’ai une amie qui se trimballe toujours partout avec un énorme sac de week-end Louis Vuitton en guise de sac à main. Je trouve que c’est trop la classe. Chez l’homme également, pas seulement pour des question de mobilité - je ne vais pas vous rabattre les oreilles avec l’homme traveller moderne -, mais parce que, chez un homme, un sac à main, c’est toujours ridicule. Un sac de week-end, jamais.


Bottega Veneta


Burberry Prorsum


Dolce & Gabbana et Véronique Branquinho


Dries Van Noten et Gucci


Hermès et Lanvin


Louis Vuitton et Paul Smith
Quant à l’homme Junya Watanabe, il n’y a pas de doute, il part bien en vacances :


Junya Watanabe Men
© Vogue
TRANSPARENCES
July 5, 2008
L’homme printemps/été 2009 prend un malin plaisir à laisser deviner son anatomie sous des pièces - chemises, pulls fins, gilets, tuniques - finement tissées… Des matières arachnéennes, voir franchement transparentes, qui laissent entrevoir un torse non pas viril, mais délicat et imberbe. Une séduction proprement féminine !


Yves Saint Laurent et Costume National


Dior Homme et Fendi


Dries Van Noten


Givenchy


Hermès et Kris Van Assche


Raf Simons et Alexander McQueen
LE NOUVEAU COSTUME 3 PIÈCES
July 4, 2008
La collection homme Burberry Prorsum P/E 2009 est sans nul doute une de mes préférées de la saison. J’adore cette nonchalance chic, ces superpositions, ces longues vestes, ces gilets trop grands portés avec un chapeau, toute cette fluidité, ces tops fins portés à même la peau. J’ai vraiment eu du mal à sélectionner quelques silhouettes, tant elles me plaisaient toutes. Mais j’ai eu un véritable coup de cœur pour cette nouvelle version, épurée et loose, du costume 3 pièces :

Et toutes ses déclinaisons :




Et ce sweat fin et décolleté, dégoulinant le long du torse. Il me fait penser à une marque que j’adore, American Vintage, qui sort justement une collection homme :

J’ai aussi remarqué le costume 3 pièces Kris Van Assche. C’est étrange, alors que je déteste ce qu’il crée pour Dior homme, je suis fan du travail qu’il fait pour sa propre marque. Là, je ne trouve même pas mes mots pour dire combien j’adore cette silhouette. Le pantalon “reboulé” sur des baskets montantes blanches, c’est le détail qui tue, et qui fait définitivement de ce costume le nouvel uniforme du dandy cool :

© Vogue
L’HOMME EST UNE FEMME COMME LES AUTRES - SUITE
July 3, 2008
Je disais donc : l’homme devient femme. Mais quand il devient trop femme, c’est déconcertant… voire ridicule. Pourtant, Alexander McQueen l’assume complètement. Il troque le surfeur et l’aventurier contre un homme bimbo, voire un homme à paillettes, très robe du soir :






En choisissant de faire défiler côte à côte hommes et femmes dotés des mêmes attributs vestimentaires, McQueen renforce la confusion des genres. La frontière entre les sexes n’existe plus.


© Vogue.fr
L’HOMME EST UNE FEMME COMME LES AUTRES
July 2, 2008
Comme je vous l’ai dit hier, je trouve que la silhouette homme P/E 2009 se féminise de façon spectaculaire. Terminée l’étalage de testostérone façon Chagal ou les sports extrêmes - surf, Formule 1 - dont se sont inspirés les créateurs cet été. L’homme 2009 est frêle, mais racé ; nonchalant, mais d’un chic extrême. Il porte des matières fluides et fines, parfois transparentes, son déhanché est félin et sa tête s’orne d’un chapeau ; bref, il est gracieux. Plus un dandy nouvelle génération que métrosexuel.


Costume National


Burberry Prorsum


Anne Demeulemeester


Givenchy et Marni


Hermès et Louis Vuitton


Kris Van Assche et Lanvin


Paul Smith
Et demain on abordera le côté too much de l’affaire !

